Publié le 18 Juillet 2025

Alors que les catastrophes naturelles se multiplient, un rapport du Haut-commissariat au Plan questionne sur la capacité du système français à absorber les chocs climatiques à venir. Loin d’un simple ajustement technique, c’est une refonte complète du modèle de mutualisation des risques climatiques qui est envisagée.
Le dispositif actuel s’appuie sur l’assurance habitation privée, complétée par le régime Cat Nat, géré par l’État. Ce modèle est présenté comme solidaire à l’échelle internationale. Les limites se font pourtant de plus en plus visibles : sinistres non indemnisés (sécheresse), absence de couverture pour certains risques (érosion côtière), inégalités d’accès à l’assurance en Outre-mer… S’y ajoute une prévention peu structurée, traitée séparément de l’indemnisation.
Entre 2019 et 2023, les événements climatiques ont coûté chaque année entre 4 et 4,5 milliards d’euros. Soit bien plus que la moyenne des quarante dernières années. La sécheresse de 2022 à elle seule a pesé pour plus de 3 milliards. Cette tendance interroge. Notre système peut-il continuer à mutualiser des risques aussi élevés, aussi incertains ?
Le rapport esquisse trois pistes. La première préserve le rôle de l’assurance privée, avec un encadrement renforcé par l’État. La seconde étend la réassurance publique et implique davantage l’État dans la gestion des risques. La troisième opère une rupture : création d’un modèle universel d’assurance climatique, financé par une cotisation dédiée.
Face à un dérèglement devenu structurel, ce débat n’est plus technique, mais politique. Adapter le système d’assurance climatique revient donc à choisir entre subir ou anticiper les crises à venir.